LA PRIERE QU’IL FAUT
ADRESSER A DIEU
Puis Notre Seigneur après s’être arrêté un grand moment, ajouta en regardant les instruments de son œuvre :
<< Mes
bien-aimés, priez moi souvent de la sorte* :
Père
infiniment bon , qui voudriez sauver tous vos enfants, doux Jésus pour votre
gloire, pour l’honneur de votre Mère et pour l’amour des âmes que vous avez
rachetées de votre sang, hâtez l’accomplissement des désirs(1) de votre
cœur ; et par le cœur souffrant de votre Mère(2)
Immaculée, répandez(3) sur le monde entier ce torrent de paix, de
miséricorde et d’amour que vous ne pouvez plus contenir. >>
NDAG 326
* La prière que nous laisse Sœur Marie du Bon Pasteur rejoint
étonnamment la prière d’acte d’offrande de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus,
sur 3 points : _Ce désir de Dieu de répandre son Amour _La nécessité de
coopération de la Vierge Marie _L’attribut de la Miséricorde à cet Amour infini
de Dieu.
Je m’offris à lui pour supporter tout ce qu’il voudrait m’envoyer, pourvu qu’il fût content et que les âmes fussent sauvées… N.S. me dit :
<< Tu(3)
commences à entendre les désirs de mon Cœur ; sois sans crainte : car
où trouver une mère qui frappe ses enfants pour lui faire du mal lorsqu’il se
jette avec abandon dans ses bras ?
Ne sais tu** pas que je t’aime infiniment plus que toutes les
mères ensemble n’aiment leurs enfants ? >>
** Avait-elle lu Isaïe 49, 15 ? « Une mère peut-elle oublier un enfant qu’elle allaite, &
n’avoir point de compassion du fils qu’elle a porté dans ses entrailles ? mais quand même elle l’oublierait, pour moi
je ne vous oublierai jamais. »
P. Lhande, Le Bon Pasteur 1928, Ste Jeanne d’Arc : ’’Ceci est de Dieu!… le bon conseil, le
confort et la bonne doctrine (de St Michel).’’
« 17 mars 1431… Elle n’avait pas lu St Paul… l’épître au Galates…
(sur) la bonne doctrine. »
(1) La volonté de Dieu, son désir
de répandre son Amour infini dans le cœur de ses enfants.
Sa joie est de se donner sans mesure au delà de ce que nous pouvons
comprendre ou mériter de lui.
Il est Amour, Bien diffusif, Il a besoin de
se donner gratuitement. Il cherche des cœurs qui se laissent aimer, emplis de pauvreté spirituelle, 1ère
béatitude.
(2) ’’Par’’ Marie, dans l’esprit du Traité de la Vraie
Dévotion et du Secret de Marie, de Saint Louis Marie Grignion de Montfort.
« Enfin je vous
offre, ô bienheureuse Trinité, l’Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma
Mère chérie, c’est à elle que j’abandonne mon offrande, la priant de vous la
présenter…» Ce n’est pleinement
possible que par Marie au Calvaire, où se déverse
l’Amour du Christ par son Cœur transpercé. Le Cœur
douloureux de Marie est le reflet du Cœur de Jésus
crucifié. L’acte d’offrande de la petite Thérèse c’est
l’acte de Marie aux pieds de la Croix, vivant les
mystères de Jésus qui s’offre au Père, pour le
glorifier et pour nous sauver. Martyre
(témoin) d’Amour ou esclave d’Amour,
toujours aussi selon St Louis Marie
Grignion de Montfort: c’est la
même emprise de l’Esprit d’Amour sur l’âme.
Cette offrande passe par Marie, Médiatrice,
pour Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face :

Voir également note (1)
page : __Mission toute spéciale
de cette Oeuvre
(3) Dieu est Amour
et Miséricorde, Le Bien qui se répand ; une voie nouvelle se dévoile à
Sœur Marie du Bon pasteur, la voyante d’Arnaud Guilhem et Sainte Thérèse
l’explore à son tour en 1895:
« Je m’offre comme victime d’holocauste à
votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse,
laissant déborder en mon âme, les flots de tendresse infinie qui sont renfermés
en vous et qu’ainsi je devienne martyre de votre Amour, ô mon Dieu !… »
Cette offrande à l’Amour miséricordieux, relativise le contexte
janséniste sur nos mérites, l’appréhension de la Justice Divine. Il s’agit
moins d’offrir nos mérites que de s’offrir à Dieu selon sa propre
demande : s’offrir à Dieu non pour donner mais d’abord pour recevoir cet
Amour débordant de Dieu qui s’offre à nous. « Pour faire plaisir au Bon
Dieu ! » C’est pour que Dieu
ait la possibilité, la facilité de se donner autant qu’il le désire. Elle se
fait victime d’Amour, elle consent à être brûlée d’Amour _dans l’ardente fournaise de son Cœur_ pourvu que le Bon Dieu soit content… pour
le satisfaire.
Cette offrande est théologale, Thérèse ne regarde que Dieu et elle vit
de cet Amour : elle veut contenter le Bon Dieu, lui faire plaisir, lui
permettre d’aimer. Cf. titre suivant.
Ces
mentions de concordance entre le message d’Arnaud-Guilhem et le courant
Thérésien s’inspirent d’un entretien avec une moniale.
LA DIVINE MERE DU
CHRIST
COOPERATRICE DU
SALUT DU MONDE
MARIE MERE DE
DIEU
« J’ai
voulu ma fille que tu fisses à mon divin Cœur la même protestation(4) que
me fit ma divine Mère lorsque répondant à la salutation de Gabriel, elle
dit (Luc
1 /38): ‘‘Je suis la
servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon votre parole’’ Cet
acte d’abandon à ma volonté sainte opéra le salut du monde, car si
elle eût refusé son consentement(4) je ne me serais point
incarné(5)
dans son sein virginal, parce que je veux l’hommage libre de la volonté que
j’ai donnée aux hommes ; et pour continuer encore l’Oeuvre de ma
rédemption, je demande toujours le consentement de ceux que j’y emploie. » NDAG
170

Annonciation, Simone Martini
XIVè siècle. Galerie des Offices à Florence.
« Leur
détresse touche mon adorable Cœur et cependant ce n’est que par l’établissement
de la dévotion au Cœur Souffrant et Immaculé de ma Mère et par l’édification de
mon sanctuaire que je leur donnerai la paix qu’ils sollicitent… »
NDAG 272
« En
vérité le salut des hommes et la paix qu’ils demandent ne leur viendra point
par d’autres voies que par le Cœur Souffrant de Mon Immaculée Mère… »
NDAG 303
« Hâtez
vous de bâtir le sanctuaire que je veux à Arnaud-Guilhem et de rétablir une
ardente et sincère dévotion aux douleurs de ma Mère Immaculée ; c’est
l’unique voie qui pourra fléchir entièrement mon juste courroux et attirer sur
les enfants des hommes toute la grandeur de mes miséricordes… »
NDAG 365
« C’est
par mon Divin Cœur*** et par le Cœur Souffrant et Immaculé(6) de Ma
Mère, honorée à Arnaud-Guilhem que je chasserai le mal de la terre et que je
redonnerai aux âmes leur première vigueur. C’est pourquoi ne différez plus de
me donner entière satisfaction. »
NDAG 368

*** ‘‘Nous devons placer toute notre espérance dans le Cœur de Jésus et
lui demander avec confiance le salut de l’humanité’’. Encyclique Annum Sacrum,
1899, Léon XIII.. Pie XI, Pie XII, Paul VI
et Jean Paul II ont également célébré le
Cœur du Christ.
« Oui,
il est indispensable de réitérer toutes les instances de mon divin Cœur et de
faire bien connaître que ce sera uniquement par le Cœur souffrant et Immaculé
de ma Divine Mère honorée à Arnaud-Guilhem que je donnerai aux hommes ce qu’ils
me demandent. »
NDAG 374 et bien d’autres. Voir aussi __Hâter le salut du monde, sauver l'humanité
(4) Ces offrandes à l’Amour miséricordieux de Sœur Marie du bon
Pasteur, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, et la Divine Mère* du Sauveur,
rejoignent le sacrifice suprême du Christ, acte d’offrande et obéissance au
Père** Céleste : ‘‘ Il s’humilia, plus encore obéissant jusqu’à la mort,
et à la mort sur une croix !’’ St-Paul Ph. 2 /8
* Mère de la Miséricorde _Cf. note (2) page __Consécration de la colonne
soutenant Notre Dame des Sept Douleurs_
et Mère de Dieu (Concile d’Ephèse 431, les deux natures _humaine et
divine du Christ_ sont unies et sans
confusion, dès lors, Marie peut vraiment être dite Théotokos) :
‘‘Je vous salue Marie pleine de grâces, le Seigneur
est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos
entrailles est béni. Sainte marie Mère de Dieu, priez pour nous pauvres
pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort, Amen’’
‘Uni à son humanité et à la Personne du Verbe, le
sacré Cœur a été formé du sang de la Vierge Marie. C’est dans le sein de la
Vierge qu’il a puisé tout ses éléments. Au sens symbolique et métaphorique, il
signifie aussi sa Volonté et son Amour’.
TRP J. Chevalier, Supérieur des Missionnaires du Sacré Cœur.
**
« Celui qui m’a vu a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père
est en Moi » Jean 14 /10 –ss
« Je crois en un seul Dieu le Père tout
puissant… Je crois en un seul Seigneur Jésus Christ le Fils unique de Dieu, né
du Père avant tout les siècles. Il est Dieu né de Dieu, lumière née de
la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu… Par l’Esprit Saint, Il a pris chair de
la Vierge Marie et s’est fait homme… Crucifié pour nous… Il
ressuscita le troisième jour… j’attends la résurrection des morts et la vie du
monde à venir.» CREDO
(5) Marie seule Immaculée. C’est toute la tradition de l’Eglise, appuyée sur
l’Ancien Testament qui rappelle la fidélité de Dieu dans son Alliance annoncée
par les prophètes et le témoignage de la maternité de femmes stériles (Sarah,
Elizabeth…), affirmant qu’il ne pouvait pas en être autrement que Marie
acceptât, car elle partageait comme toute femme juive le désir d’être mère du
Messie attendu par Israël.
(6) Dogme de l’Immaculée conception, proclamé en
1854 et confirmé par les évènements de Lourdes, de la rue du Bac. ’’O Marie conçue sans
péché, priez pour nous qui avons recours à vous’’ Médaille miraculeuse de
la rue du Bac 1830, Paris : Le Sacré Cœur formé du
sang de l’Immaculée, le sang maternel, uni au Cœur douloureux de la Vierge.

VISION DES DEUX COEURS
Je voyais sur sa poitrine son Divin Cœur qui ressemblait à
une ardente fournaise. Il était dans un mouvement continuel et les flammes
qui le consumaient paraissaient de plus en plus ardentes. Il était aussi
transparent que du verre et il me paraissait d’une étendue infinie. N.S.
avait une large ceinture d’or où je voyais écrit ces mots : << Venez tous à cette source
intarissable d’amour et de miséricorde* et je brûlerai vos crimes dans les flammes de mon inépuisable
charité >> N.S.
avait sa main droite entièrement ouverte et il montrait le Cœur de sa
Divine Mère qui était dans un chemin de feu tout près de la terre. De sa
main gauche il me montrait son Divin Cœur (7). NDAG 190 * A rapprocher du message de la Miséricorde
Divine à Sainte Faustine: «…J’ai tellement brûlé d’amour pour les âmes ».
Cathédrale de Vannes
… Une large ceinture dorée où je voyais écrit en lettres rouges ces mots :
<< Ces flammes m’ont consumé éternellement >>
(8)
NDAG 160
(7)
« Il n'est peut-être pas inutile
de rappeler que c'est St-Jean EUDES qui a été le premier à proposer le culte
des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Il a, en effet, célébré la première
messe dédiée à "Jésus vivant en Marie", messe dite "du Cœur de
Marie", le 8 février 1647 alors que Marguerite- Marie Alacoque est née
cette même année 1647 et décédée en 1690. L'apparition qu'elle a proclamée lui
est venue entre décembre 1673 et juin 75. La dévotion au Sacré-Cœur a été
approuvée par Clément XIII en 1765. »
Source, http://perso.wanadoo.fr/patrimoine/gocmvnd.htm
« Mes très chers et
aimés frères, nous n’avons jamais eu l’intention de séparer deux choses que
Dieu a unies si étroitement ensemble, comme sont les Cœurs très augustes du
Fils de Dieu et de sa bonne Mère. Au contraire, notre dessein a toujours
été, dès le commencement de notre Congrégation, de regarder et honorer ces
deux aimables Cœurs comme un même Cœur. » S.-Jean Eudes, 29
juillet 1672.

(8) « Fait principalement
pour aimer, ce Cœur divin devait être, par sa nature, bien autrement sensible à
l’amour qu’aux autres affections de l’âme ; et, par conséquent, les effets
de l’amour sur lui devaient être bien autrement vifs que ceux de la tristesse.
On peut donc dire du Cœur de Jésus, avec plus de vérité que d’aucun autre cœur,
qu’il a brûlé d’amour. En effet c’est la fonction pour laquelle il fut
formé ; dès le premier instant de l’incarnation, il fut embrassé des
flammes les plus pures et les plus ardentes de la charité ; elles n’ont
jamais cessé durant sa vie ; et il en brûlera de même pendant toute
l’éternité. » Père J. Chevalier,
Le Sacré Cœur de Jésus 1900, page 181. Bref de Léon XIII.
Vendredi 9 mai 1873… J’aperçu alors Notre Seigneur dans la Sainte Hostie. Il était de grandeur naturelle et au milieu d’une éblouissante clarté. Il avait un vêtement plus blanc que la neige et tout rempli de fleurs d’or. Les cheveux retombaient un peu sur les épaules. Il avait à ses pieds un magnifique rosier duquel paraissait sortir une haie d’étoiles qui entouraient Notre Seigneur. De ce même rosier sortait aussi une grande croix en haut de laquelle il y avait une couronne d’épines. Notre Seigneur était assis ; ses pieds posés sur deux belles roses et une multitude d’autres l’entouraient. Il tenait de la main gauche un calice. Il me fit comprendre que ce calice était l’emblème de son inépuisable Charité qui a produit et qui produit encore les élus qui m’étaient représentés par ces innombrables étoiles ; que c’est aussi cette même Charité qui lui fait employer sans cesse de nouveaux moyens pour sauver les hommes, et que c’est elle en particulier qui le fait se montrer maintenant, afin de venir au secours de son peuple qui est dans l’affliction et lui donner un moyen de plus de salut : ce que me faisait comprendre les deux roses sur lesquelles il posait les pieds et le grand nombre de roses dont il était environné. Je compris aussi que les souffrances qu’il me promettait, étaient également produites par son infinie Charité, parce que la croix sortait du rosier. Je voyais sur la poitrine de ce bon Sauveur son Sacré Cœur plus éclatant que le soleil et transparent comme du cristal. Il répandait des flots de lumière sur toutes les personnes qui étaient dans la chapelle… Il semblait n’avoir ni commencement ni fin. Mon regard se perdait comme dans un océan de lumière et je voyais, très avant dans ce Cœur, notre Révérende Mère qui était couverte d’un grand manteau blanc sur lequel était empreinte l’image de Notre Seigneur qui paraissait assis sur une grosse pierre ayant les chaînes aux pieds et aux mains ; puis autour de lui je lus ces paroles :
« J'étais prisonnier et vous m'avez visité » (Math. 25/35)
A sa droite je voyais aussi auprès de Notre Seigneur, l’image de Notre Dame Des Sept Douleurs, et à sa gauche celle de Saint Joseph(9), et autour d’eux un grand nombre d’étoiles qui ne remplissaient qu’une partie du manteau, le reste était tout blanc.
NDAG 057 /059
(9) Saint Joseph, Modèle et Patron des amants du Sacré Cœur (Léon XIII),
Patron de l’Eglise universelle (Pie IX) et de la congrégation de Félicie,
visitant les prisonniers, exclus, accidentés :
www.soeursmariejosephetmisericorde.org/histoire.htm
« Je suis
l’Agneau de Dieu ; je suis celui qui efface les péchés du monde.
Je me plais au
milieu des lys et des roses »
NDAG 161



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Maison diocésaine et
Cathédrale d’Auch. Vitraux d’Arnaud de Moles XVIème.
Mosaïque de l’église S.-Côme
et S.-Damien, à Rome VIème siècle.
